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Pleine Conscience Fribourg

La crise

"Wei-ji est le mot que les Chinois utilisent pour dire dire "crise". Wei signifie le problème, la difficulté [...]. Ji, qui lui est soudé, est la chance, l'opportunité, le dynamisme. C'est ce qui met en mouvement et qui, dans l'entendement chinois, est intrinsèque à la crise. Wei-ji, la crise, est vue dans sa globalité, comme un entre-deux, une période entre la survenue du problème (le moment où il se déclenche) et ce qu'il va entraîner (un changement certain). Entre ce qui vient de se fermer et ce qui s'ouvre. 

 

Certes, une crise nous sort de notre zone de confort. C'est une période qui, par définition, est faite d'indécision et d'incertitudes. Mais elle débouche forcément sur de nouveaux possibles qui sont induits par les changements produits. Nous n'avons plus les mêmes cartes en main, mais nous n'allons pas pour autant quitter la table de jeu puisque nous avons de nouvelles cartes pour jouer une nouvelle partie ; c'est la loi de la vie. 

 

Wei-ji n'est pas une chambre forte dans laquelle on serait enfermé : tout n'est pas fini, loin de là. C'est plutôt un tunnel plus ou moins long et ardu à traverser [...]. On peut toujours avancer car la crise, aussi difficile soit-elle, nous offre une belle compensation : elle a la faculté rare de nous donner des ailes. Ji n'est ni une blague ni une théorie déconnectée de la réalité : avec le recul, si nous regardons les crises que nous avons traversées dans le passé, nous réalisons souvent qu'elles on été un cadeau de la vie. Un ji". 

L'histoire du homard

"Le homard grandit tout au long de sa vie [...]. Mais leur carapace, elle, ne grandit pas. Tous les quelques temps, le homard a le même weile même problème : il est trop à l'étroit dans cette carapace, il étouffe, il stresse. "Rester zen" ou essayer de "positiver" ne lui servirait à rien ; il lui faut prendre le courage d'aller vers une solution, sinon il mourra. Son ji réside dans les rochers contre lesquels il va se frotter jusqu'à se détacher de sa carapace. C'est une décision difficile à prendre : sans armure, il est nu, vulnérable, il constitue une proie idéale pour tous les prédateurs. Mais il n'a pas d'autre choix que d'avancer dans son tunnel. Une fois dépouillé de cette carapace, il se tapit sous le rocher. Mais il reste en mouvement : il travaille à se fabriquer une nouvelle carapace, plus grande, plus confortable est aussi résistante que la précédente. Le wei lui a été salutaire : il l'a alerté, il l'a forcé à se reprendre en main, à trouver une issue. A entrer dans le ji. [...].

Chevaucher l'obscurité et la confusion

"Chevauchez l'obscurité et la confusion, et rendez par elles votre ennemi impuissant", conseille le Livre des 36 stratégies [...]. Les chevaucher est une voie de libération : puisque je ne peux pas les fuir, je vais les apprivoiser. Elles sont le cheval que je vais dompter. Je vais les approcher, les regarder, entrer en rapport avec elles, prendre appui sur elles, pour réussir à les maîtriser [...]".

La logique de l'action

 

"Rentrer dans le mouvement inhérent à la crise, dans son dynamisme, se laisser pousser en avant par elle, est une constante de la pensée chinoise. Depuis la nuit des temps, celle-ci est tournée vers la logique de l'action [...]. La logique de l'action part du principe que le chemin se découvre à celui qui s'y aventure. Entre dans la nuit, entre dans les possibles [...].

La logique de l'action [...] fait partie du socle commun des sagesses de l'humanité. Les Grecs l'ont développée à travers le concept de krinein - duquel découle le mot crise. krinein signifie séparer et trier afin de choisir et de décider. C'est un processus salutaire qui ne se limite pas à une description objective et distante du réel, mais qui implique un engagement actif : je vais observer, certes, mais en même temps je vais opérer des choix, me situer par rapport à ce réel qui me concerne. Je vais décider au lieu de me laisser engluer dans l'indécision. Je ne suis pas spectateur de ma propre vie, je suis acteur de ce qui se passe. Je ne suis pas cantonné dans la contemplation, je suis engagé dans l'histoire, pris dans le mouvement, les possibles, les rencontres, les incidents, les accidents". 

 

Fabrice Midal, Comment rester serein quand tout s'effondre, p. 29 à 37

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Méditer, c'est apprendre à porter son attention sur ce qui se passe ici et maintenant, sans jugement, avec bienveillance et compassion.

Méditer, c'est prendre conscience que nous sommes sur un chemin, la vie, qui se déroule instant après instant et les instants s'influencent les uns les autres. Et parfois, sans que nous n'y prenions garde, la vie se déroule sans nous, nous en sommes absents...

Méditer, c'est apprendre à être ouvert, à accueillir tout ce qui peut se présenter, les belles choses comme les choses difficiles ou même tragiques.

Méditer, c'est cultiver la curiosité de l'imprévisible... la découverte de soi... et gagner en confiance, en calme...

 

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"Le méditant [...] observe les nombreuses sensations physiques, pensées et émotions qui surgissent. Il ne les suit pas, ne dialogue pas avec elles, mais se contente de les observer et de les laisser passer. Il va alors progressivement découvrir, au-delà de ce flot d'émotions et de pensées, la profondeur de son esprit. Il découvre qu'il a en lui un espace qui échappe à l'envahissement des émotions, un silence au-delà du bruit des pensées, une joie et une paix toujours présentes. [...] Tel un muscle, nous fortifions cet espace intérieur et le rendons invulnérable à toutes les attaques : celles des pensées ou des émotions qui viennent du psychisme, mais aussi celles des paroles blessantes, des harcèlements psychologiqes, des énergies négatives qui nous sont envoyées".

 

Frédéric Lenoir, L'âme du monde, NiL, p. 85-86

Isabelle Déglise

Enseignante MBSR certifiée

 

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